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Les réflexes de consommation

  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture

Les réflexes de consommation


Lorsque j’ai débuté l’écriture de mon blogue, je me suis fait la promesse que, peu importe ce qui se passe dans ma vie en lien avec ma sobriété, que ce soit positif ou négatif, j’allais avoir le courage de le partager à travers l’écriture.


Pourquoi?


Simplement parce que lorsqu’on est en rétablissement, il est important de pouvoir se reconnaître dans les situations que d’autres personnes en rétablissement vivent afin de trouver une normalité, ainsi que des outils et des stratégies pour nous aider lorsque nous vivons, nous aussi, des situations similaires.


Ce week-end, j’ai dû dire au revoir à ma chienne Bliss, ma partner d’aventures depuis presque 16 ans. Je redoutais ce moment depuis longtemps et j’avais beau essayer de me préparer mentalement, mais rien ne pouvait me préparer cette peine là. 💔


En sortant de chez le vétérinaire, ma première pensée a été d’arrêter à l’épicerie pour aller me chercher de l’alcool… Ça m’a vraiment pris par surprise que, même après presque 10 ans de sobriété, ce chemin soit encore présent quelque part dans mon cerveau.


Sur le coup, je me suis sentie mal d’avoir eu ce réflexe là, mais je me suis raisonnée, car justement, c’est un réflexe et je savais comment l’adresser.


Qu’est-ce que j’ai fait?


1- Toujours dans le stationnement chez le vétérinaire, j’ai pris un moment pour accueillir l’émotion que je vivais, même si c’était super difficile +++. J’avais besoin de vivre cette intensité et non pas d’essayer de l’engourdir.


2- J’en ai parlé avec quelqu’un. J’ai pris le temps de verbaliser comment je me sentais et le fait que j’avais eu le réflexe de penser à noyer ma peine dans l’alcool. Juste d’en parler, ça a diminué l’envie d’au moins 90 %. Je n’essayais pas de la cacher ou de l’oublier, mais plutôt d’y répondre.


Souvent, en thérapie, je parle du réflexe de consommation comme d’un chemin qui est déjà tracé dans notre cerveau. On vit une émotion difficile et notre cerveau tente de nous amener à consommer parce que, dans le passé, c’était ça notre solution rapide.


Le cerveau ne cherche pas ce qui est le plus sain, il cherche ce qui est familier et efficace à court terme pour répondre à une émotion intense. L’important est donc d’aider notre cerveau à créer de nouveaux chemins (stratégies) pour répondre adéquatement à nos émotions.


Au début, ces nouveaux chemins-là ressemblent davantage à des ‘trails’ dans le bois qui ne sont pas nettoyés ni tapés. Ils demandent plus d’effort et ils ne sont pas encore naturels.


Mais plus on les utilise, plus ça devient facile… et tranquillement, l’ancien chemin qui était déjà tracé perd de sa force.


Le rétablissement n’est pas une ligne droite, mais un processus vivant. Les émotions difficiles en font partie, tout comme les vieux réflexes qui peuvent parfois refaire surface. Ce qui change avec le temps, ce n’est pas l’absence de pensées, mais la façon d’y répondre.


Ça fait maintenant 4 jours que je réapprends à vivre sans mon chien. Ce n’est pas facile, mais l’émotion a beaucoup diminué en intensité. Ce que je retiens de cette expérience, c’est que le rétablissement n’est pas l’absence de réflexes, mais la capacité d’y répondre autrement. Même après plusieurs années de sobriété, certains chemins peuvent encore apparaître… et ce n’est pas un échec, c’est juste le cerveau qui fait ce qu’il a appris à faire.


Aujourd’hui, je continue d’avancer, une émotion à la fois, en prenant ces nouveaux chemins que j’ai créés avec patience et bienveillance.


Et si toi aussi tu traverses une période difficile, j’espère que tu pourras te rappeler ceci : si tu as un réflexe de consommation, tu n’es pas brisé, tu es simplement humain.


Une des clés de la sobriété est de te trouver des façons de répondre à tes émotions en te créant des nouveaux chemins et si tu as besoin d’un coup de main, sache qu’il existe des ressources pour t’accompagner ♥️


Bonne Sobri & Thé ☕️


Suzy




 
 
 

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