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Le verre de vin de 4pm

  • 8 mars
  • 4 min de lecture

Le verre de vin de 4pm


Tu termines ta journée de travail, tu arrives à la maison et tu te sers ton premier verre de vin en préparant le souper. Ensuite, un deuxième verre suit automatiquement le premier pendant que tu ranges. Un troisième est versé alors que tu t’installes sur le divan devant tes émissions favorites ou avec un livre qui, tous deux, ont comme mission de te permettre de t’évader de la réalité. Et tu continues à remplir ton verre jusqu’à ce que le sommeil te gagne…


Puis tu te réveilles le lendemain et la même routine recommence.


Parfois tu te dis : « Demain, je ne boirai pas. » Mais rendu à 4pm, tu ne réussis plus à te souvenir d’une assez bonne raison pour ne pas répondre à ta soif… et le même cycle de la veille recommence.



Est-ce que tu te reconnais un peu dans ce scénario?


Il est fréquent que cette même histoire me soit racontée par des femmes, souvent entre 40 et 65 ans. Des femmes actives, responsables, professionnelles et qui, de l’extérieur, semblent parfaitement en contrôle.


Peut-être que ce verre de 16h est devenu un rituel.


Peut-être que tu te dis que tu l’as bien mérité après une longue journée.


Peut-être aussi que tu t’es déjà demandé : « Est-ce que je bois trop? »… mais que la réponse reste floue.


Il se peut fortement que tu te reconnaisses dans ce scénario, car c’est cette histoire qui revient le plus souvent lorsque les personnes se décident à venir me rencontrer. Pendant longtemps, chacune d’entre elles s’est convaincue que sa consommation était normale et n’avait rien d’alarmant, car elles avaient, pendant longtemps, eu l’impression que leur quotidien était « amélioré » par l’alcool.


En consultation, j’entends souvent les mêmes phrases pour expliquer ou rassurer la consommation :


• Je bois seulement du vin, c’est correct le vin

• Un repas sans vin, c’est plate

• Ça n’a pas d’impact sur mon travail, car je ne bois jamais le jour

• Je ne prends jamais ma voiture lorsque je bois

• Je bois seule chez moi, donc je ne dérange personne

• Mes enfants sont grands, je peux me l’accorder

• Je suis à l’aise financièrement, donc je peux me l’offrir

• J’en ai besoin pour relaxer / dormir / socialiser / etc.

• Tout le monde que je connais boit comme moi


Au début, avec ce type de consommation quotidienne, les répercussions peuvent être subtiles :


un sommeil moins réparateur, plus d’irritabilité, de l’anxiété le lendemain, une culpabilité silencieuse ou simplement l’impression de perdre un peu de contrôle.


Mais peu à peu un malaise s’installe…


Un malaise qu’on tente de faire taire comment?


Avec un peu plus d’alcool…


Et là, parfois tu te poses cette question-ci :


« Est-ce que j’ai un problème? »


Alors que selon moi, la question devrait plutôt être :


« Est-ce que l’alcool m’aide vraiment à vivre la vie que je veux? »


Sur cette même lancée, je t’invite à prendre le temps de te questionner:


• Si un matin un policier t’arrêtait alors que tu quittes la maison et te demandait de souffler dans la balloune, es-tu certaine à 100 % que tu passerais le test?


• Si du jour au lendemain tu décidais de ne pas boire pendant quelques semaines… est-ce que ce serait facile pour toi?


Et pendant que nous sommes dans le questionnement, j’aimerais vraiment aborder quelque chose de particulier qui existe seulement dans l’univers de la perception du vin.


Depuis longtemps, je remarque que le vin est souvent perçu comme plus prestigieux, plus raffiné, plus socialement acceptable…


Alors demande-toi ceci :


Si au lieu d’une belle bouteille de vin fancy sur le comptoir, ce serait plutôt une bouteille de whisky cheap de 26 onces à partir de laquelle tu remplirais ton verre chaque soir…


Est-ce que ta perception de la situation serait la même?


Probablement pas.


Et pourtant, au final, de l’alcool reste de l’alcool, peu importe la bouteille dans laquelle il se trouve.


Souvent, nous évitons de remettre en question, car nous ne sommes pas prêts à regarder la réalité en face.


T’es-tu déjà vraiment demandé qu’est-ce qu’un problème d’alcool?


On a tellement l’image du bum de track, des personnes sans domicile fixe qui ont tout perdu à cause de la boisson (emploi, famille, amis, argent), des personnes qui boivent du matin au soir, que nous ne pouvons pas concevoir qu’il y a une possibilité que nous soyons, nous aussi, peut-être pris dans les filets de la dépendance.


Retiens ceci :


La définition du trouble de consommation n’a rien à voir avec la quantité, la sorte, l’endroit ou la fréquence.


Un trouble de consommation, c’est


« Continuer de consommer malgré les répercussions négatives. »


Est-ce que selon toi cette bouteille de vin (ou deux) par soir n’a absolument aucune répercussion négative? Tant au niveau physique, mental, émotionnel et/ou financier?


Si tu te reconnais dans le verre de vin de 16h, sache que tu n’es pas seule.


Plusieurs personnes vivent ou ont vécu cette même routine solitaire et silencieuse… Et parfois, la première étape n’est pas d’arrêter de boire… mais simplement d’oser regarder sa relation avec l’alcool avec honnêteté.


Et si en fin de compte la vraie question n’était pas :


« Est-ce que je bois trop? »…


mais plutôt :


« Pourquoi est-ce que j’en ai autant besoin? »


Bonne réflexion


Suzy




 
 
 

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